Décidément
le Togolais ne sait plus à quelle sauce il sera mangé. Chaque jour que le Bon Dieu fait nous fait voir
d’autres facettes de la réalité togolaise. Le nouveau cadeau de la mort qu’on offre aux populations
est l’érection des dos d’âne sur la nationale N°1 à la hauteur de l’Etat-Major
des Forces Armées Togolaises.
En effet,
depuis le début du mois de décembre, tous ceux qui empruntent la route en direction d’Agoenyévé, devront remarquer
que la Nationale N°1 est en plein chantier, pas pour refaire du replâtrage comme on le voit d’habitude dans des
artères de la ville de Lomé, mais c’est que les travaux en cours n’ont pour but que construire des dos d’âne
pour, dit-on, amoindrir la course effrénée des conducteurs avant l’entrée de l’Etat-Major. Personne n’est
contre les dos d’âne puisqu’ils sont une autre forme de sécurité et de garantie de risque d’accident.
Mais là où le problème devient inquiétant, c’est que, en lieu et place des dos d’âne, on érige des montagnes.
L’épaisseur de la chose est inimaginable au point que certains se sont posés la question de savoir si
ce ne sont pas des tranchées qu’on construisait devant le Quartier Général des Forces Armées
pour permettre à ceux qui sont chargés de défendre le pays contre les agresseurs étrangers de se
cacher pour attendre leur proie.
Il
faut y faire un tour pour voir la souffrance avec laquelle les voitures et autres gros camions souffrent pour traverser cette
grande montagne en érection. Il faut reconnaître qui ont leur carrosserie très basse. Beaucoup y laissent
leur échappement après avoir peiné pour traverser. Quant aux accidents de circulation, on n’en parle
pas. Très souvent, beaucoup de conducteurs d’engins légers se trouvent surpris par cette montagne,
et ce qui devrait arriver, arrive, étant donné qu’on n’a pas pris soin de signaler de loin qu’il y a des
travaux en cours sur la nationale N°1. Conséquences, il n’y a pas de jour où on n’enregistre
pas d’accident de circulation. C’est surtout les conducteurs de motos qui sont souvent victimes. A la veille des
fêtes de fin d’année, un accident mortel s’est produit à ce niveau. Il s’agissait
d’un motocycliste qui avait à son bord les condiments pour la fête. Il y avait un sac
de riz et un bidon d’huile éparpillé un peu partout suite à l’accident et l’homme lui-même gisait dans son
sang.
Des
témoins ont raconté que la victime revenait de la ville à toute allure et a été surpris par les dos d’ânes qui l’ont
projeté très loin, sa moto irrécupérable lui-même gisant dans son sang mort. Beaucoup n’ont pas hésité à conclure qu’il
s’agissait d’un « sodja » qui venait d’être gratifié par la magnanimité « Faurique »
qui voulait aider les « sodja » et leurs dames à mieux fêter. Mais
voilà que par la faute humaine la fête pour notre ami s’est terminée là.
Un autre
accident s’était également produit toujours à ce niveau où un jeune motocycliste qui filait à toute
allure et qui ignorait qu’il y avait une montagne en érection sur cette voie qu’il croit libre, a trouvé la mort
sur le champ. Il y en a eu plusieurs depuis le jour où on a commencé par mettre ces dos d’ânes d’une hauteur anormale
sur cette voie.
Beaucoup
ne comprennent pas pourquoi, on a décidé d’ériger ces dos d’âne là-bas qui ne sont autres que
des dangers publics alors qu’il y a les feux tricolores qui obligent les conducteurs à s’arrêter.
S’il
faut ériger ces dos d’âne à ce niveau, on pouvait les construire de façon moyenne pour éviter ces
genres d’accidents inutiles.
Il faudrait
dépasser cette maxime qui veut faire croire que c’est la raison du plus fort qui est toujours la
meilleure. Il s’agit ici de sauver des vies humaines. La vie est chère. Et si on était dans un Etat normal, tous ceux
qui sont victimes de cette « sorcellerie » en plein jour, devraient répondre de leurs actes devant un tribunal.
C’est
une bonne chose que de mettre des dos d’âne pour éviter le dérapage de certains conducteurs, mais de grâce, il faut
le faire de telle sorte que cela ne devienne pas un danger public.